Le 2ème congrès des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) sera vide à Parakou. Les personnalités influentes dont l’ancien ministre d’Etat chargé de l’Economie et des finances Komi Koutché, seront absentes.

Le premier grand absent est Komi Koutché. Ancien ministre d’Etat chargé de l’Economie et des finances, le fils d’Atocolibé ne répondra pas présent à ce rendez-vous. Non pas qu’il a forcément une occupation majeure. Mais parce qu’il ne veut plus de ce machin mal coordonné vers la fin du régime Yayi et qui n’augure plus aujourd’hui d’un avenir meilleur. D’après des informations reçues, Komi Koutché était au pays récemment et serait reparti en milieu de semaine par le Burkina Faso.

Selon ses proches, il n’aime plus d’ailleurs entendre parler des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Est-ce à cause de cela qu’il est reparti avant le congrès et n’a pas cherché à rester juste pour trois jours de plus afin d’honorer la famille politique qui lui a tout donné? Point n’est besoin de rappeler ce qu’il a été pour les Fcbe et les bénéfices qu’il en a tirés. Directeur général du Fonds national de la microfinance pendant plusieurs années ; ministre de la Communication, Ministre d’Etat chargé de l’Economie et des finances et, s’en est fallu de peu, il se ferait élire président de l’Assemblée nationale sous la coupole des Fcbe. D’ailleurs, il fait partie de ceux qui ont coordonné les activités au plus haut niveau de cette alliance politique vers la fin du régime Yayi. C’est dire que Komi Koutché est l’une des têtes de pont de cette alliance au niveau national dont l’absence ne saurait passer sous silence.

 

Dans la 9ème circonscription électorale, on se rappelle du record qu’il a fait pour les Fcbe lors des dernières élections législatives et communales. On connaît l’étendue du réseau qu’il a mis en place dans presque tous les départements du pays pour occuper le terrain politique. Aujourd’hui, il n’y est plus. Sur la chaîne de télévision Canal3-Bénin, l’année dernière, il s’était fait clair : il ne se sentait plus membre de ce regroupement ; mais garde ses relations avec Yayi Boni. Voilà Yayi qui sera présent à Parakou lors de ce congrès et profitera pour annoncer son retour sur la scène politique nationale.

Beaucoup d’autres absents

Ce n’est pas seulement Koutché qui sera le grand absent de cette rencontre. Ils seront nombreux. Seulement que ceux-ci avaient déjà claqué la porte de façon officielle. Ainsi donc, la rencontre de Parakou se tiendra sans Rachidi Gbadamassi, Sacca Lafia, Karim Chabi Sika, Barthélémy Kassa, André Okounlola, François Abiola, Benoît Dègla, Alassane Soumanou, David Gbahoungba, etc. A vrai dire, qui sont ceux qui seront à ce congrès, aux côtés de Yayi ? Des gens élus de justesse dans leurs circonscriptions électorales ? Des suppléants devenus titulaires ? Des gens élus pour la circonstance et qui n’ont presque pas de base électorale ? A moins qu’on nous dise Mohamed Djibigayé, Sabaï Katè et Abibath Dafia ont réussi à conquérir les 2Kp et que Idrissou Bako a pu ravir la vedette à ses frères Nassirou Bako, Issa Salifou, Alassane Seidou et autres de la première circonscription électorale. Peut-être qu’on nous dira que l’activisme médiatique de Valentin Djènontin a fait augmenter sa côte de popularité dans la 5ème circonscription.

Pour Justin Adjovi de la 16ème circonscription, point n’est besoin d’expliquer qu’il est le suppléant de Marcel de Souza, seul élu Fcbe à l’époque et par chance. Sinon, qui seront les congressistes ? Qui veulent parler ? Qui veulent entourer Yayi Boni, tout puissant hier ? Combien de maires et autres élus locaux répondront présents à cette rencontre alors qu’on sait que pour des raisons de mauvaises gestions, la rupture en a broyé assez ? Aucune intention de minimiser le congrès des Fcbe à Parakou demain. Mais il est important de rappeler que le navire ne tient plus. Les gens sont partis. L’histoire politique du Bénin, depuis 1991 n’a pas changé. Elle est restée constante. Aucun ancien chef d’Etat, encore moins ancien regroupement politique n’arrive à tenir après la fin de son régime. Nicéphore Soglo, en son temps, n’avait même pas pu faire un second mandat avec la Renaissance du Bénin (Rb). Le parti a tout fait mais n’a même pas pu contribuer à l’élection d’un président de la République depuis lors, à part son appartenance à l’alliance Wologuèdè en 2006. Mathieu Kérékou a quitté en 2006. Les Béninois ont aussi rangé l’Union pour le Bénin du Futur (Ubf). Eustache Akpovi, et tous les autres jeunes députés de l’époque qui ont tenté de maintenir cette alliance en vie sont encore là pour témoigner. Et nous vivons le déluge que traverse l’alliance Fcbe depuis 2016. La surprise ne viendra pas de Yayi.

Félicien Fangnon / Actubenin

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