Les autorités avaient interdit tout rassemblement pour raison de sécurité. L’opposition a décidé de braver l’interdiction. Des heurts ont éclaté avec les forces de l’ordre. Les services de sécurité ont également arrêté plusieurs figures de la société civile comme Moussa Tchangari. Dans le conflit qui oppose le pouvoir aux anti-loi de finance, une étape semble avoir été franchie.

La tension est vite montée au moment où les policiers tentaient de disperser les premiers attroupements sur le boulevard Zabarcan. Les sympathisants de la société civile n’ayant pas pu se rassembler sur la grande place de l’Assemblée nationale, fortement gardée par la police, ils ont convergé vers la place Toumon, point de départ de la marche interdite.

Là également, le dispositif musclé de la police a été dissuasif. Très vite la police a eu le dessus avec quelques tirs de grenades lacrymogènes et des courses poursuites dans le quartier Nouveau Marché. Les pneus enflammés sur certains carrefours ont également été maîtrisés et la circulation rétablie. Au total, une dizaine de personnes ont été interpellées et gardées à l’Ecole de la police nationale, au siège de l’association Alternative Espaces Citoyens. Son secrétaire général Moussa Tchangari a été arrêté par la police. Un autre membre de la société civile a été appréhendé et pas des moindres puisqu’il s’agit de Ali Idrissa, coordinateur du Rotab Niger.

Avec l’arrestation de ces deux leaders le mouvement citoyen est presque décapité. L’autre chef du mouvement citoyen. Nou Arzika n’a pas été arrêté, il ne s’est pas présenté au siège et il n’a pas participé à la manifestation. Les autorités régionales de Niamey avaient prévenu : tout trouble à l’ordre public sera imputé aux responsables de la société civile.

RFI

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