La Belgique a annoncé avoir revu sa coopération avec la République démocratique du Congo, parle même d’une révision fondamentale. Elle dit aujourd’hui vouloir orienter son aide en faveur de la population congolaise. Concrètement, 25 millions d’euros qui auraient dû être alloués dans des secteurs gérés par les autorités congolaises seront plutôt reversés dans des programmes d’aide humanitaire ou de soutien à la société civile congolaise. Du côté des ONG comme du Parlement européen, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer des sanctions et notamment économiques contre la RDC. Le Parlement européen devrait discuter d’une résolution d’urgence sur la RDC jeudi 18 janvier pour appeler l’UE à plus de fermeté. Mais la question est loin d’être tranchée.

L’Union européenne pourrait-elle suivre l’exemple de la Belgique ? Non, répond un fonctionnaire européen, il n’y a pas de vase communiquant, l’aide au développement se gère dans le cadre du Fonds européen de développement. L’aide humanitaire par Echo, le bailleur de fonds européen.

La chef d’Echo est d’ailleurs annoncée dans les prochains jours au Congo alors que le plan d’action humanitaire est à son plus bas niveau de financement depuis 10 ans. Quant au FED, les programmes liés à la gouvernance, justice et police, ont été déjà mis en pause, selon une source diplomatique européenne. L’UE en revanche poursuit ses programmes sur la biodiversité et les infrastructures routières.

Selon plusieurs sources, la Belgique serait à la pointe du combat pour obtenir une ligne plus dure au sein de l’Union européenne, réclamant des sanctions contre des acteurs économiques à l’image des Etats-Unis et trouverait sur sa route notamment la France et l’Espagne. « Nous avons essayé la ligne dure avec le Burundi, résultat zéro, ça ne sert à rien de faire des condamnations publiques », justifie une source diplomatique française qui rappelle l’importance de maintenir des canaux de discussions ouverts avec Kinshasa. « Ils disent ça parce que la France comme l’Espagne cherchent à obtenir des contrats en RDC », dénonce un activiste congolais. C’est faux, assure cette même source diplomatique française. « Il faut privilégier une solution concertée avec l’Union africaine et les pays de la région », dit encore cette source.

RFI

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