L’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, récemment acquitté en appel de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, est arrivé en Belgique ce vendredi 15 juin, a indiqué la Cour pénale internationale (CPI).

« Aujourd’hui, le 15 juin 2018, Jean-Pierre Bemba Gombo a été mis en liberté provisoire sous conditions spécifiques sur le territoire du Royaume de Belgique », a fait savoir la CPI dans un communiqué. Jeudi soir, les autorités belges avaient annoncé qu’elles acceptaient de le recevoir. « Il a en effet été transféré sur leur territoire », confirme Fadi el-Abdallah, un porte-parole de la CPI joint par RFI, ajoutant ne pas être en mesure de communiquer son « adresse potentielle ».

Sa remise en liberté provisoire ne pouvait être effective que sur le sol belge. Une fois la frontière passée, la CPI a diffusé l’information, prenant de court Jean-Pierre Bemba, lui-même qui, selon ses proches, espérait un peu de tranquillité en famille pendant ses premières heures sur le sol belge. « Il ne voulait pas de visites hier soir », confie un proche. Bruxelles lui a aussi sans doute rappelé, c’est que précisait une source proche du gouvernement belge, qu’il fallait éviter les attroupements autour de sa maison. Même si officiellement, rien n’empêche aujourd’hui Jean-Pierre Bemba de reprendre ses activités politiques. Le chairman du MLC ne doit vis-à-vis de la CPI que garder le silence sur l’affaire qui l’oppose encore à la cour, celle de subornation de témoins.

Condamnation

Car si Jean-Pierre Bemba a certes été acquitté des charges portées contre lui pour des crimes en République centrafricaine. En revanche, « il a été condamné pour atteinte à l’administration de la justice, pour subornation de témoins et falsification » de preuves, rappelle le porte-parole de la CPI. Une condamnation définitive car confirmée par la Chambre d’appel.

« Nous attendons que la Chambre de première instance prononce la peine qu’elle juge adéquate à son encontre », conclut-il. L’audience qui devrait en débattre est prévue pour le 4 juillet prochain. En attendant, l’ancien vice-président congolais devra rester en territoire belge.

La maison de Jean-Pierre Bemba dans la commune huppée de Rhode-Saint-Genèse, à une vingtaine de minutes de Bruxelles. © RFI / Sonia Rolley

Rhode-Saint-Genèse, la commune belge de l’élite congolaise

C’est à Rhode-Saint-Genèse, une petite commune plutôt huppée de la région flamande de Belgique, que le président du MLC a décidé de résider, dans une maison qu’il avait achetée dans les années 1990. Derrière une haie de plus de deux mètres de haut se cache une élégante maison blanche à trois étages, entourée d’un grand jardin. Une voisine se souvient du jour où Jean-Pierre Bemba a été arrêté en 2008. « Un coup dur pour Madame Bemba et les enfants ; son mari, on ne l’avait que très peu vu », continue de raconter la voisine.

Cette commune de Rhode-Saint-Genèse est bien connue de l’élite congolaise. Le président Mobutu avait acheté, non loin, un château. Et son entourage, y compris le père de Jean-Pierre Bemba, Jeannot Bemba, patron des patrons de l’ancien Zaïre, y avait une maison où le jeune Jean-Pierre a, en partie, grandi. Là-bas, on connait la famille Bemba comme une famille discrète. Liliane Bemba, Brésilienne d’origine, est décrite comme une mère courage qui, seule pendant dix ans en l’absence de son mari détenu à la CPI, a réussi à élever ses cinq enfants « normalement », disent les voisins.

RFI

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