Les enseignants vacataires intervenants dans les collèges d’enseignement général publics résistent aux réformes du Gouvernement en ce qui concerne le paiement des salaires. Au cours d’une rencontre avec des membres du Gouvernement samedi, ils n’ont pas voulu entendre raison malgré les pertinentes explications des Ministres qui n’ont que pour objectif, la rationalisation des dépenses et la transparence dans la gestion des fonds publics.

Le Gouvernement n’est responsable en rien, dans ce qui arrive aux enseignants honoraires, communément appelés vacataires qui interviennent dans les col-lèges et lycées du Bénin. Toutefois, les dispositions sont en train d’être prises pour que leurs primes et allocations mensuelles soient entièrement payées. C’est ce qu’on peut retenir des explications données le samedi dernier par les Ministres présents à cette rencontre. Malgré cela, ils ont maintenu leur posi-tion. Dans leurs discours, ils n’ont pas donné l’air de gens qui ont compris et qui vont rengainer. Au contraire, ils ont osé dire que la motion de grève est déjà lancée et ne peut être rapportée sans satisfaction. En clair, ils n’ont pas rassuré les Ministres de ce qu’ils sont soucieux de la situation actuelle et qu’ils travaille-ront à ne pas créer un autre foyer de tensions. Dans leurs réactions et compor-tements, on sent qu’ils tiennent à observer leur mouvement de grève, certai-nement suite aux appels que lancent leurs collègues de la fonction publique pour les soutenir.

Seulement, ils semblent ignorer certaines choses : un enseignant vacataire n’est pas un fonctionnaire de l’Etat. La loi qui régit la grève au Bénin ne les concerne pas, car, ils sont payés en fonction du travail fait. Si le vacataire ne va pas au cours et ne signe pas le cahier de textes, sur quelle base son allocation men-suelle sera-t-elle évaluer ? L’enseignant vacataire n’a pas de rétrocession à ré-clamer, surtout que personne ne lui fera aucune défalcation. S’il fait une heure dans un mois, il percevra le salaire équivalent à une heure de travail. A la ren-contre avec les Ministres, il n’a été dit nulle part que le Gouvernement ne veut pas payer ou n’est pas en mesure de payer. C’est juste un retard, mais qui se corrige déjà. Ce qui signifie que ce sera payé. Pourquoi l’ouvrier, c’est –à-dire le vacataire veut-il cesser d’accumuler ses primes ? Même s’il va être payé plus tard, n’s’est-ce pas son argent et qu’un rappel lui sera fait ? Il semble que ces gens-là se trompent. Il semble qu’ils ne se rappellent pas qu’ils n’ont pas les mêmes droits que ceux qui ont décidé de rester à la maison depuis deux mois, à leurs risques et périls. C’est comme un aide-maçon qui décide de ne plus aller sur un chantier sur lequel on l’emploie à cause du retard dans le paiement de ce qui lui revient. C’est très simple. L’entrepreneur ne lui paiera qu’une somme équivalant au travail fait. Il a même la possibilité de ne plus le reprendre à son retour. Si les textes ont permis de défalquer des salaires aux fonctionnaires de l’Etat, qu’en sera-t-il de l’honoraire qui a bataillé dur pour décrocher ce job ?

 

Les vacataires donnent l’impression d’avoir pris une décision qui ne les arrange pas. C’est vrai, ils ont travaillé et doivent être payés. Ils ont le droit de réclamer ce qu’on leur doit. Mais, doivent-ils oublier leur statut d’ouvriers ? Le mouton est peut-être joli avec une barbe ; mais avec un chien, ça ne marche pas du tout. Les vacataires n’ont qu’à savoir qu’en aucun cas, ils ne recevront pas le soutien de leurs collègues, agents de l’Etat. S’ils font semblant de ne pas com-prendre le Gouvernement et déposent la craie, qu’ils sachent qu’ils se trom-pent. Ils ont oublié d’où ils viennent et de comment ils ont rasé les murs pour être acceptés dans les collèges.

Les raisons du retard dans le paiement des salaires

En effet, les enseignants vacataires, réunis au sein d’un collectif, ont décidé de déposer la craie jusqu’à ce qu’ils n’entrent dans leurs droits. Et ce qui leur est dû, d’après le Ministre des Finances, n’est pas une rétention, encore moins une confiscation. A l’en croire, l’argent est là ; et le trésor est prêt à payer. Seule-ment, on ne peut payer un honoraire que sur la base du travail fait. Et pour le savoir, il faut absolument les preuves. Les états de paiement ne parviennent pas à temps à qui de droit afin que les salaires soient vite traités. L’autre problème qui explique les difficultés des enseignants vacataires est le fait que certains parmi eux ont donné des relevés d’identité bancaire de comptes débiteurs. Et lorsque les salaires sont virés, la banque retire systématiquement ce qui lui était dû. Autant de situations qui ont entraîné le retard dans le paiement des primes et allocations aux vacataires.

Le Gouvernement, pour régler cette situation, a pris deux mesures à savoir : inviter les enseignants à fournir les renseignements de comptes bancaires en situation régulière pour ne plus voir leurs salaires absorbés ; ensuite, inviter les chefs d’établissement à envoyer dans les délais, les décomptes d’heures. A cet effet, Mahugnon Kakpo, Ministre des enseignements secondaires et de la formation technique, a rencontré, dimanche les chefs d’établissement et autres administratifs des collèges pour leur donner des instructions fermes. Ils doivent faire en sorte que les décomptes parviennent tôt à qui de droit pour éviter les retards dans le paiement des allocations aux vacataires. Seulement, désormais, les cahiers de textes devront être cosignés par les enseignants et les responsables de classe, pour s’assurer de l’effectivité du travail. Le Ministre a aussi demandé que le mode de recrutement de ces vacataires soit revu.

 

Le point non négociable avec les vacataires est celui de la bancarisation. Sur ce plan, le Gouvernement est inflexible. Non seulement c’est une mesure générale, mais il y a aussi qu’elle a permis de découvrir des malversations au niveau du traitement des salaires des vacataires. Le Ministre Abdoulaye Bio Tchané, char-gé du plan et du Développement a fait savoir, samedi, lors de cette rencontre, qu’au moment où les allocations de ces enseignants étaient envoyées via les recettes perceptions, elles étaient évaluées à deux milliards de Fcfa. Mais, par les banques ordinaires, le Gouvernement s’est rendu compte qu’il y a une diffé-rence de 500 millions de Fcfa. Ce qui signifie qu’il y avait un jeu, soit au niveau des recettes, ou alors, au niveau des établissements où les points sont faits.

Félicien Fangnon/Actubenin

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