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Donald Trump a dénoncé mardi les « histoires inventées » des femmes qui l’accusent de comportements sexuels déplacés et s’en est pris avec agressivité à une sénatrice démocrate, affirmant dans une formulation chargée d’ambiguïté qu’elle était « prête à tout » pour de l’argent.
Si, pendant plusieurs semaines, le mouvement #MeToo lancé après les révélations sur Harvey Weinstein a semblé épargner le locataire de la Maison Blanche, la donne pourrait être en train de changer.

Et loin d’apaiser la polémique ou d’apporter des éléments de réponse, sa virulente riposte, qui a suscité une avalanche de réactions indignées, pourrait contribuer à braquer les projecteurs un peu plus sur son comportement vis-à-vis des femmes.
Trois d’entre elles, qui l’avaient déjà mis en cause durant la campagne de 2016, se sont en effet retrouvées ensemble lundi sur un plateau de télévision pour réclamer au Congrès l’ouverture d’une enquête sur le président des Etats-Unis.
Rachel Crooks, ancienne réceptionniste à la Trump Tower de New York, a raconté comment, en 2005, alors qu’elle était âgée de 22 ans, le magnat de l’immobilier l’avait embrassé sans son consentement. « J’étais choquée, anéantie », a-t-elle témoigné, expliquant s’être sentie « un peu menacée ».
Comme souvent, c’est via Twitter, en début de journée, et surnoms moqueurs à l’appui, que Donald Trump a réagi.
« En dépit de milliers d’heures perdues et de millions de dollars gaspillés, les démocrates ont été incapables de démontrer la moindre collusion avec la Russie », a-t-il lancé, dans une allusion à l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur les liens présumés de membres de son équipe avec Moscou.
« Du coup, ils se tournent vers les fausses accusations et les histoires inventées de femmes que je ne connais pas et/où que je n’ai jamais rencontrées. FAKE NEWS! ».
Lundi, un groupe de 54 élues démocrates de la Chambre des représentants a adressé à la commission de Contrôle de la Chambre une lettre réclamant une enquête. « Nous ne pouvons pas ignorer la multitude de femmes qui ont formulé des accusations contre M. Trump », écrivent-elles.
– ‘Tweet répugnant’ –
Dans un autre tweet, le locataire de la Maison Blanche s’en est aussi pris, sur un ton particulièrement violent, à la sénatrice démocrate Kirsten Gillibrand, qualifiée de « poids plume ».
La décrivant comme quelqu’un qui, « il n’y a pas si longtemps, venait dans (son) bureau en suppliant pour des dons pour sa campagne », il a ajouté qu’elle était « prête à tout » pour obtenir ces financements.
« Je ne me tairai pas sur ce sujet, pas plus que les femmes qui ont tenu tête au président hier », a immédiatement réagi cette dernière, dénonçant des « calomnies sexistes ».
La sénatrice de New York, avait été la première a appeler à la démission son collègue démocrate Al Franken, accusé de gestes déplacés par plusieurs femmes.
Elle fait partie des (nombreuses) personnes dont le nom circule comme candidat potentiel pour porter les couleurs démocrates lors de l’élection présidentielle de 2020.
La sénatrice Elizabeth Warren, elle-même cible d’attaques récurrentes de la part de M. Trump, a elle aussi donné de la voix pour dénoncer les propos et les insinuations du 45e président des Etats-Unis.
« Essayez-vous vraiment d’intimider et d’impressionner la sénatrice Gillibrand et de la faire taire par des sous-entendus salaces? », a-t-elle lancé à l’adresse de M. Trump. « Savez-vous à qui vous vous attaquez ? Bon courage Donald Trump ».
La sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein, a de son côté fustigé un « autre tweet répugnant » de la part de Donald Trump. « Cet homme a un problème, c’est aussi simple que cela », a-t-elle ajouté, lui suggérant de supprimer son compte Twitter « pour le bien du pays ».
La Maison Blanche, elle, a vigoureusement contesté tout connotation sexuelle dans ce tweet matinal.
« Il faut avoir l’esprit mal tourné pour le lire comme ça », a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif américain.
Donald Trump, a-t-elle assuré, a utilisé plusieurs fois la même terminologie par le passé, visant des femmes comme des hommes, pour dénoncer le clientélisme et la place de l’argent dans un système politique « qui ne fonctionne plus ».
AFP

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